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La France, pays le plus cité et le plus attaqué dans Mein Kampf, était menacée d’être rayée de la carte

Publié à 12 millions d’exemplaires en Allemagne entre 1925 et 1945 et à des centaines de milliers dans le monde, traduit en seize langues, aujourd’hui encore vendu à travers la planète, récent best-seller en Turquie, Mein Kampf est un livre qui dérange et dont l’histoire reste largement méconnue. Comment ce livre a-t-il été écrit ? Quel rôle a-t-il joué dans l’accession d’Hitler au pouvoir ? Qui, parmi les millions d’Allemands qui l’ont possédé, l’a réellement lu ? A-t-il constitué un avertissement contre les dangers du nazisme ? Quel est le lien entre Mein Kampf et la Shoah ?

Des questions essentielles lorsque l’on songe qu’Hitler a mis en oeuvre quasiment tout ce qu’il avait écrit : la guerre contre la France et l’URSS, l’annexion de l’Autriche, l’eugénisme, les lois raciales et la destruction des juifs d’Europe. Après avoir retracé la genèse de l’ouvrage – sa rédaction en 1924, puis sa diffusion à très grande échelle à partir de 1933 -, le film relate un épisode méconnu : l’étonnante bataille autour de son édition en France. Dès 1934, Fernand Sorlot, un éditeur proche de l’extrême droite maurassienne, publie une première traduction sans en avoir les droits. Son objectif : alerter l’opinion française sur les visées revanchardes du nouveau chancelier allemand.

Aussitôt, Hitler attaque l’éditeur pour violation du droit d’auteur et gagne son procès. Derrière cette bataille juridique se cache une réalité politique et militaire : l’Allemagne n’est pas encore prête à faire la guerre et il ne faut pas dresser trop tôt les Français contre elle. L’entreprise de séduction se poursuivra avec la publication, à la fin des années 30, d’un « faux » Mein Kampf prônant la paix et totalement expurgé des passages anti-français. Lorsque les véritables intentions d’Hitler se révéleront, en 1939, il sera trop tard. Le film explore également le tabou et le malaise qui continuent de flotter autour de l’ouvrage. Du ministère des Finances de Bavière, propriétaire des droits d’auteur (l’administration se sert de la possession du copyright pour interdire de nouvelles publications), aux librairies turques en passant par le témoignage d’un ancien militant d’extrême droite, il cherche à comprendre pourquoi Mein Kampf est un poison qui agit encore. (ARTE)

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